Brésil

14/11/2009 18:06

 

Nous ne l'avons pas sauvée, mais nous n'avons pas fini d'essayer. Les environnementalistes s'inquiètent du sort de l'Amazonie pour une bonne raison: elle représente plus de la moitié des forêts tropicales du monde, un cinquième de nos ressources en eau, et près du tiers de la biodiversité de la planète. La sauvegarde de tout cela était jadis le cri de ralliement des activistes verts et, avec quelques victoires précoces, l'objectif semblait réaliste. Mais l'attention s'est vite déplacée de la forêt tropicale vers d'autres questions comme le changement climatique et l'agriculture biologique, et l'Amazonie disparaît aujourd'hui à une vitesse comparable à celle des années 1980.

Il y a encore cinquante ans, l'Amazonie était en grande partie intacte. Puis, en 1964, le Brésil légiféra pour encourager les paysans sans terre à quitter les bidonvilles pour développer l'intérieur du pays. Quiconque pouvant démontrer que sa terre avait été «utilisée efficacement» se retrouvait avec un titre de propriété. Ainsi, les natifs de la forêt commencèrent-ils à être déplacés, et les nouveaux venus se mirent à défricher de grandes bandes de terre pour l'élevage du bétail et la culture du caoutchouc. Sans un réseau routier suffisant, néanmoins, le processus était assez lent. Presque toute la forêt brésilienne était encore vierge dans les années 1970.

Au début des années 1980 par contre, la forêt commença à disparaître très vite. Avec l'aide de fonds monétaires de la Banque Mondiale, les fermiers et les éleveurs construisirent assez de routes et d'infrastructures pour détruire 13 130 km² par an, soit une surface équivalente à l'État du New Jersey. C'est ce qui fit réagir les écologistes. En 1985, le Rainforest Action Network basé à San Francisco commença à organiser des manifestations dans tout le pays et fut à l'origine de la fin du contrat à 35 millions de dollars de Burger King pour son «buf de la forêt tropicale» en Amérique Centrale.

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