Chine
29/12/2009 14:44
L'éxécution par injection, mardi matin par la Chine, du Britannique Akmal Shaikh à Urumqi, dans la province du Xinjiang, porte un coup aux relations entre Pékin et Londres. Le ministère britannique des Affaires étrangères a convoqué l'ambassadrice de Chine à Londres. Le ministère des Affaires étrangères compte «réitérer» ses condamnations de la mort d'Akmal Shaikh.
Condamné à la peine capitale pour trafic de drogue, en octobre 2008 au terme d'un procès expédié en 30 minutes, l'entrepeneur est le premier ressortissant européen à être exécuté en Chine depuis 50 ans. Son sort fait d'autant plus polémique que, selon sa famille, le Londonien était atteint d'un trouble bipolaire et n'était donc pas en possession de toutes ses facultés mentales lorsqu'il a été arrêté en septembre 2007, à Urumqi, en possession de quatre kilos d'héroïne. Le premier ministre Gordon Brown s'est dit consterné et déçu que les appels persistants à la clémence n'aient pas été entendus dans ce dossier très particulier.
Dans les heures précédant l'exécution, le Foreign Office avait tenté une ultime fois d'obtenir la grâce du détenu et avait déjà convoqué l'ambassadeur chinois . De leur côté, deux des cousins d'Akmal Shaikh s'étaient rendus en Chine lundi et avaient déposé un dernier recours devant la Cour suprême. Les proches de ce père de trois enfants affirmaient qu'Akmal Shaikh avait été piégé et manipulé pour se faire passeur de drogue par deux hommes rencontrés en Pologne. Pour l'attirer en Chine, ces commanditaires lui auraient promis de lancer sa carrière dans la pop music. Lorsque le petit entrepreneur avait été interpellé à sa descente d'avion en provenance du Tadjikistan, il avait expliqué être en Chine pour enregistrer un tube qui instaurerait la paix dans le monde. Une première mouture de sa chanson «Come Little Rabbit» («Viens petit lapin», entendre un extrait sur Youtube ) avait déjà vu le jour en Pologne, où il s'était installé en 2005.
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