Espagne
21/01/2010 20:42La secrétaire américaine à la Sécurité intérieure Janet Napolitano s'est voulue rassurante jeudi sur les scanners corporels dans les aéroports, face à des Européens inquiets pour les conséquences au regard de la vie privée et divisés sur le sujet, qui ne se sont donc pas prononcés dans l'immédiat.
"Certaines des questions soulevées sur le respect de la vie privée sont prises en compte dans les nouvelles évolutions technologiques", a déjà Mme Napolitano à la presse, après une réunion avec les ministres européens de l'Intérieur à Tolède (sud de l'Espagne).
Les scanners corporels ne doivent pas être considérés comme le moyen ultime pour empêcher les terroristes de monter à bord des avions, mais davantage comme un des éléments d'un système plus vaste, comprenant la collecte et le partage de renseignements, le listing des passagers et le développement de différentes technologies, a-t-elle précisé.
La polémique sur l'usage des scanners corporels a été relancée après l'attentat manqué du jour de Noël à bord d'un vol Amsterdam-Détroit. Omar Farouk Abdulmutallab, un jeune Nigérian, avait tenté de déclencher un explosif caché sur lui, les autorités américaines estimant qu'un scanner corporel aurait permis de le détecter.
L'Union européenne est quant à elle divisée sur la question des scanners corporels pour contrôler les passagers. Leur emploi soulève des questions concernant le respect de la vie privée et la santé.
Alfredo Perez Rubalcaba, le ministre de l'Intérieur espagnol, dont le pays assure la présidence tournante de l'UE, a estimé que les Vingt-Sept devaient trouver une position commune sur cette question.
"C'est un débat que nous devons avoir en Europe", a-t-il déclaré à la presse. "Il semble raisonnable que nous nous y attachions, non pas dans l'urgence mais sans délai tout de même".
L'Espagne et l'Allemagne figurent au nombre des pays ayant exprimé des réserves sur la question. La Grande-Bretagne, les Pays-bas, l'Italie et la France ont annoncé qu'ils commenceraient à installer des scanners corporels ou en ajouteraient d'autres.
Le ministre de l'Intérieur italien Roberto Maroni a annoncé lors de la rencontre que Rome acheterait 15 scanners corporels pour ses aéroports, selon l'agence de presse italienne ANSA.
Mais les Etats-Unis n'entendent pas en revanche faire pression sur la Commission européenne pour forcer les Etats-membres réticents à mettre en place les scanners, a par ailleurs affirmé Janet Napolitano à l'Associated Press.
"Ce n'est pas aux Etats-Unis de décider. Les Etats-Unis vont prendre des mesures dans leurs propres aéroports nationaux" et travailler avec les autres pays dans le monde pour renforcer la sécurité aérienne, a-t-elle déclaré.
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