Europe

20/11/2009 23:06

 

Plus rapidement acquise que prévu, la désignation, jeudi soir, du premier ministre belge, Herman Van Rompuy , comme président de l'UE pour trente mois renouvelables, et celle de la commissaire britannique Catherine Ashton comme chef de la diplomatie des Vingt-Sept change la structure du pouvoir communautaire. Va-t-elle pour autant révolutionner le fonctionnement de l'Europe ?

Quel président pour quelle Europe ?

Le choix de Herman Van Rompuy et de Catherine Ashton pour inaugurer le tandem exécutif de l'UE est sûrement une défaite de relations publiques. Avec la ratification du traité de Lisbonne, les Vingt-Sept avaient fait miroiter d'autres espérances. Les Européens convaincus se prenaient à rêver d'un fondateur, à l'aune d'un George Washington. Ils se retrouvent avec un premier ministre belge au pouvoir depuis moins d'un an, en compagnie d'une technocrate britannique qui, pour être souriante, n'a jamais osé affronter l'isoloir.

Dans les faits, la partie s'est nouée bien avant le dîner au sommet de jeudi. Dès 2005, les Français avaient compromis la vision fédéraliste d'un pouvoir fort, en rejetant avec les Néerlandais le projet de Constitution européenne élaboré avec Valéry Giscard d'Estaing. Le traité de Lisbonne a pu entretenir l'ambiguïté, mais c'était au prix d'un profil impossible pour le premier président du Conseil : il devait être charismatique mais modeste, ferme sans être intimidant, hardi et pourtant conciliant avec tout le monde. Bref une chimère, à la fois forte et faible. Quand il a fallu trancher, les dirigeants européens ont sacrifié Tony Blair et la stature qu'il incarne. Ils ont pris Herman Van Rompuy, homme discret et compétent qui, de son propre aveu, n'avait « jamais sollicité cette haute fonction ».

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