Iran

03/02/2010 15:11

La donne diplomatique pourrait-elle avoir brusquement changé avec la révélation subite d'un nouveau site nucléaire iranien, tenu secret depuis des années ? Alors qu'ils étaient réunis à Pittsburgh pour le G20, les présidents américain et français, Barack Obama et Nicolas Sarkozy, aux côtés du premier ministre britannique Gordon Brown, ont voulu en tout cas souligner, vendredi 25 septembre, devant la presse, la gravité des informations dont ils disposent. Les trois dirigeants ont annoncé avoir demandé à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) une enquête urgente sur un site identifié près de la ville iranienne de Qom. Construite sous une hauteur, cette installation est destinée à l'enrichissement d'uranium, une activité dont les résolutions successives du Conseil de sécurité de l'ONU sur l'Iran, depuis 2006, ont demandé la suspension.

Selon nos informations, la France souhaitait que le site de Qom fasse l'objet d'une prise de parole des dirigeants occidentaux lors du sommet extraordinaire du Conseil de sécurité de l'ONU du 24 septembre, présidé par M. Obama et consacré au thème du désarmement nucléaire. Pour Paris, c'était le meilleur moment pour révéler à la face du monde l'ampleur des dissimulations iraniennes en matière de prolifération. Un passage du discours de M. Sarkozy aurait même été initialement préparé pour cela.

L'administration Obama s'est formellement opposée à ce que le grand déballage intervienne à ce moment. Elle voulait à tout prix éviter de 'gâcher' l'impression de succès qui se dégageait de l'adoption à l'unanimité d'une résolution sur le principe de la recherche d'un monde sans arme nucléaire. C'est donc le lendemain, vendredi, que l'événement a eu lieu, alors que tout le monde était déjà à Pittsburgh (Pennsylvanie).

Il s'agit d'un tournant. Le facteur aggravant que constitue pour l'Iran l'existence du site de Qom a pour effet d'apporter des arguments supplémentaires aux Occidentaux devant la Russie et la Chine.

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