Le rapport Saville, rendu public mardi, confirme l'innocence des 14 civils catholiques d'Irlande du Nord tués à Derry par l'armée britannique lors du Bloody Sunday, le 30 janvier 1972. Gabriel Doherty, professeur d'histoire moderne à l'Université de Cork, en Irlande, revient sur les conclusions de l'enquête et sur le contexte politique qui entoure le massacre.Lire la suite l'article
Le rapport Saville, plus de 38 ans après les faits, va-t-il permettre de refermer les plaies ?
Les réactions enthousiastes des familles des victimes incitent à répondre par l'affirmative. En revanche, je doute que le point de vue des soldats incriminés par le rapport soit identique. Si la décision était prise de les poursuivre en justice, des nouvelles tensions entre les deux camps éclateraient automatiquement.
Quel a été la réaction de la population à Derry ?
Les nationalistes (catholiques) ont tous accueillis très favorablement les conclusions du rapport, plus particulièrement la reconnaissance de l'innocence des 14 civils tués par les forces armées. Certains ont néanmoins contesté quelques passages du rapport, notamment ceux qui portent sur les activités de l'Irish Republican Army (IRA, la principale organisation armée catholique nationaliste pendant la guerre civile) ce jour-là.
Les unionistes (protestants) ont, eux, regretté que le rapport oublie de mentionner le contexte chaotique dans lequel l'armée britannique devait opérer au début des années 1970 : l'Irlande du Nord, et à plus forte raison la région de Derry, connaissait une période de violence extrême.
