Italie
15/11/2009 12:19
Du 16 au 18 novembre se réunit à Rome, au siège de la FAO (Organisation des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation) un sommet mondial sur la sécurité alimentaire. Un de plus, dira-t-on! En effet, en juin 2008, Rome avait déjà été le théâtre d'un sommet du même type, et quel sommet! 4.800 délégués, 53 chefs d'Etat s'étaient retrouvés dans la capitale italienne, parmi lesquels le funeste Robert Mugabe, grand confiscateur des droits de l'homme dans son pays. Un pays naguère grenier de l'Afrique australe, qu'il a réduit à la famine et qui ne peut plus, aujourd'hui, nourrir que la moitié de sa population.
Un nouveau sommet, donc. La presse italienne, qui s'était alors offert le plaisir de publier le prix de la suite présidentielle de Mugabe 900 euros par nuit sera-t-elle cette fois aussi sarcastique? Autant de chefs d'Etat feront-ils le déplacement de Rome? C'est, à ce jour, impossible à prévoir. Pourtant, les enjeux ne sont pas moins importants qu'ils ne l'étaient il y a dix-huit mois, bien au contraire.
A la crise alimentaire, qui venait alors de révéler son ampleur, s'est ajoutée la déflagration économique et financière dont le monde ne parvient pas à sortir. La seconde ajoutant ses effets à la première, la malnutrition frappe désormais un milliard d'êtres humains, un niveau encore jamais atteint dans l'histoire de l'humanité. Sur ce milliard, près de 650 millions vivent en Asie du sud, 265 millions en Afrique subsaharienne, 53 millions en Amérique latine, le reste se répartissant entre le Moyen-Orient, l'Afrique du Nord et les pays développés.
Bien entendu, les premières victimes de la malnutrition sont les plus vulnérables des humains, à savoir les enfants. Le sommet de Rome se réunira juste avant les célébrations du 20e anniversaire de la convention internationale sur les droits de l'enfant, qui permettra quelques durs rappels: la malnutrition ne se borne pas à tuer quelque cinq millions d'enfants de moins de cinq ans par an.
———
Précédant