Japon
06/02/2010 11:09Le PDG de Toyota, Akio Toyoda, a présenté vendredi ses excuses pour les problèmes de fiabilité rencontrés sur plusieurs des modèles de la firme, qui ont entraîné des rappels massifs et mis à mal tant la réputation que les ventes du constructeur japonais. Une commission spéciale destinée à revoir les contrôles de qualité va être mise en place, mais Akio Toyoda n'a pas annoncé dans l'immédiat de nouveaux rappels concernant cette fois les freins du modèle hybride Prius.
M. Toyoda s'exprimait au cours d'une conférence de presse au siège du constructeur à Nagoya (centre du Japon), pour la première fois depuis l'annonce le 21 janvier du rappel de quelque 4,5 millions de véhicules aux Etats-Unis, en Chine et en Europe en raison de défauts sur les pédales d'accélération. Le constructeur a ensuite connu de nouveaux problèmes, affectant cette fois le freinage de sa voiture "verte" vedette, la Prius, voiture à propulsion mi-électrique, mi essence.
"Je présente du fond du coeur mes excuses pour toutes les inquiétudes que nous avons données à tant de clients dans tant de pays", a déclaré le PDG de l'entreprise. "A tous ces clients qui se demandent si leur voiture est en bon état, je suis venu ici aujourd'hui apporter des explications", a-t-il ajouté.
"Nous sommes confrontés à une crise", a reconnu l'héritier âgé de 53 ans du fondateur de la marque. Mais "croyez-moi, les voitures Toyota sont sûres, même si nous essayons d'améliorer nos produits (...) Croyez-moi, je vous en prie, notre priorité reste le client", a assuré le PDG qui s'est incliné en signe d'excuses au début de la conférence de presse.
Pressé de questions par les journalistes, qui lui ont notamment demandé s'il n'aurait pas pu réagir plus vite et s'exprimer plus tôt, il a répondu, "je ferai de mon mieux". Et, a-t-il souligné, "qu'il s'agisse de moi ou de mes vice-présidents, Toyota parle d'une seule voix".
Il n'a pas annoncé de décisions concernant la Prius, dont le modèle de troisième génération vendu au Japon et aux Etats-Unis depuis mai 2009 fait l'objet de quelque 200 plaintes dans ces deux pays. Différents témoignages faisant état d'une perte temporaire d'efficacité des freins, parfois à l'origine d'accidents, ont incité le ministre américain des Transports Ray LaHood à ordonner l'ouverture d'une enquête.
Selon son homologue japonais Seiji Maehara, Toyota envisage un rappel de Prius pour régler le problème de freins, mais ne l'a pas informé de sa décision. En attendant, une commission spéciale, que dirigera lui-même Akio Toyoda, passera en revue les contrôles de qualité de la marque, longtemps réputée pour sa fiabilité.
Toyota a estimé jeudi que les rappels devraient lui coûter environ 180 milliards de yens (1,43 milliard d'euros), répartis entre le coût des réparations et les ventes perdues (70 milliards de yen). Le constructeur les évalue à 100.000 véhicules, dont 80.000 en Amérique du Nord, un des ses principaux marchés.
Pour certains commentateurs, les explications fournies vendredi soir par le PDG interviennent trop tard. "Il aurait dû s'exprimer il y a une semaine", juge Masaaki Sato, spécialiste de l'industrie automobile et animateur d'une émission de télévision populaire au Japon.
Pour Sherman Abe, professeur d'économie à l'Université Hitotsubashi de Tokyo, "Toyota apparaît comme l'entreprise japonaise typique, qui veut disposer de tous les faits avant de réagir. Mais en cas de crise, cela ne peut pas fonctionner ainsi. Plus on attend, plus cela remet en cause la crédibilité" de l'entreprise, note-il.
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