Liban

31/01/2010 15:36

Le chef militaire du Hamas tué à Dubaï a été visé par Israël car il faisait passer dans la bande de Gaza des armes lourdes, a affirmé dimanche le mouvement islamiste.

Si le gouvernement israélien n'a pas commenté officiellement la mort de Mahmoud Al Mabhouh, survenue le 20 janvier et annoncée vendredi par le Hamas, des sources de sécurité israéliennes ont confirmé son rôle dans l'importation de roquettes et d'autres armes d'Iran vers Gaza.

"Il jouait un rôle clé dans l'approvisionnement du peuple palestinien en armes et en argent", y compris des "armes spéciales", a dit un porte-parole du Hamas, Talal Nasser, au journal émirati The National.

Une source proche du Hamas à Gaza a dit à Reuters que, selon elle, "c'était la raison pour laquelle il était visé". Les armes venaient souvent de l'Iran et du Soudan, a dit cette même source.

Mettre fin au trafic d'armes dans les tunnels reliant l'Egypte à la bande de Gaza était un objectif prioritaire de l'offensive israélienne dans l'enclave, il y a un an.

Mabhouh a été retrouvé mort dans sa chambre d'hôtel sans trace de blessures sur son corps, visiblement victime d'une technique d'assassinat très élaborée. Par mesure de précaution, comme tout dirigeant palestinien activement recherché par Israël, il avait bloqué la porte de la chambre avec des chaises.

La police des Emirats arabes unis, chargée de l'enquête sur l'assassinat, a dit soupçonner une "bande criminelle" étrangère sans écarter une implication du Mossad, les services secrets israéliens. Israël a déja éliminé plusieurs dirigeants du Hamas.

THÈSES MULTIPLES

Un ancien agent du Mossad, Ram Yigra, a suggéré à la radio israélienne que Mabhouh avait été éliminé par des marchands d'armes plutôt que par Israël, confirmant que Tel-Aviv connaissait son implication dans la contrebande d'armes.

Yigra a souligné les multiples versions entourant ce crime : des rumeurs de tortures dans la presse émiratie, la thèse de l'empoisonnement ou celle, développée par un responsable du Hamas, selon laquelle les assassins faisaient partie de la délégation d'un ministre israélien venu à Abou Dhabi du 15 au 17 janvier.

Selon l'ancien agent du Mossad, cette hypothèse ne tient pas car Israël, qui a des relations stables avec les Emirats, se souvient d'avoir détérioré ses relations avec la Jordanie en 1997 à cause d'une tentative d'empoisonnement ratée du chef du Hamas, Khaled Mechaal, à Amman.

"Quand aucune erreur n'est permise, alors l'opération est faite rapidement, sans torture ou quoi que ce soit. Et on n'utilise pas (comme couverture) la visite d'hommes politiques", a dit Ram Yigra.

Mabhouh était plus vulnérable à Dubaï qu'ailleurs car il s'y était rendu avec son vrai passeport et sans garde du corps, a dit le porte-parole du Hamas.

Mahmoud Al Mabhouh a été l'un des artisans du soulèvement palestinien des années 1980. Âgé de 50 ans, il était encore un membre important des brigades Izz el Dine al Kassam, la branche armée du Hamas.

Né à Gaza, Mabhouh vivait en Syrie depuis 1989. Il avait été emprisonné à plusieurs reprises par Israël, qui a rasé sa maison à Gaza.

Il a été enterré vendredi dans le camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk, dans les faubourgs de Damas. Son corps était enveloppé du drapeau vert du Hamas.

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