Ligue 1
07/08/2009 12:29
Frédéric Thiriez est un homme heureux. Pour le président de la LFP, le championnat de France n'a jamais été aussi séduisant et excitant qu'à l'aube de cette saison 2009-2010. Malgré le départ de Benzema, il estime que la Ligue 1 est une compétition attractive, y compris pour les stars.
Qu'attendez-vous de cette nouvelle saison de Ligue 1 ?
Frederic THIRIEZ: Jamais le championnat n'a été aussi séduisant et excitant. On le sent dans le public. C'est plus palpable que d'habitude. Parce que la dernière saison a été très bonne en termes de suspense, elle a été de meilleure qualité que les saisons précédentes et il s'est passé des choses à l'intersaison. Les clubs se sont beaucoup renforcés. Il y a eu de très beaux recrutements: Lisandro Lopez, Lucho Gonzalez, Morientes. Ce sont des joueurs de classe mondiale. La Ligue 1 devient attractive et peu de stars ou de révélations sont parties. Benzema est le seul gros départ. On a aussi maintenant notre "Big Four", un trio de favoris pour le titre plus des outsiders sérieux comme Paris.
Le départ de Benzema était inévitable ?
F.T. : A un certain niveau de gabegie financière, la France ne peut pas lutter. Les clubs français dépensent l'argent qu'ils ont. Leur endettement est d'environ 100 millions d'euros, celui des clubs espagnols est de 3,5 milliards d'euros, celui de la Premier League anglaise est de 4 milliards d'euros. Ce n'est pas le modèle français et nous nous élevons contre cela. Nous demandons à l'UEFA, et Michel Platini est en train de le faire, un minimum de règles de fair-play financier parce que le départ de Benzema c'est du dopage financier. Et là, on ne peut pas lutter. Il faut une DNCG européenne, sinon ce seront toujours les mêmes qui gagneront et la Ligue des champions sera dévalorisé.
Le duel Blanc-Deschamps est-il de nature à augmenter l'intérêt pour la L1 ?
F.T. : Les stars sont aussi les entraîneurs. Avoir deux champions du monde à la tête de deux clubs favoris pour le titre, c'est formidable. C'est le match dans le match et cela augmente l'attractivité du championnat.
Les sommes importantes dépensées par Lyon et Marseille peuvent-elles, selon vous, leur permettre d'être enfin compétitifs sur la scène européenne ?
F.T. : C'est mon premier objectif cette saison. On ne peut pas se satisfaire des résultats que l'on a en coupe d'Europe et pas seulement en Ligue des champions. Ce qui me donne confiance, c'est que la Ligue 1 arrive à séduire des joueurs de classe mondiale. Il faut qu'à l'horizon 2012, on arrive à se classer régulièrement 3e à l'indice annuel UEFA, devant l'Allemagne et l'Italie. C'est possible mais pour l'instant, on n'est pas très bien. On bute sur un problème financier. On ne peut pas lutter quand on a une puissance financière d'un milliard d'euros et que la Premier League anglaise dégage un chiffre d'affaires de 2,5 milliards. Il faut développer nos ressources et donc nos stades. Il y a actuellement un fossé.
L'équipe de France va entrer dans la dernière ligne droite des éliminatoires du Mondial-2010. Etes-vous inquiet ?
F.T. : Je ne suis pas inquiet. On terminera premier du groupe. Je n'ai pas d'état d'âme et j'aimerai bien que les Français n'en aient pas, qu'ils soient comme les Anglais, à fond derrière leur équipe sans douter du sélectionneur. On doit pousser. C'est aussi la condition du succès: les Bleus doivent se sentir soutenus.
Vous sentez toujours un climat de désamour autour des Bleus ?
F.T. : Un peu oui. Mais on manque de matches à enjeu et là, l'automne va être chaud. Il faut que les Français pensent à leurs joueurs sans se focaliser sur la personne du sélectionneur.
Vous aviez formé le voeu de voir une majorité de joueurs de l'équipe de France évoluer en L1. Est-ce encore réaliste ?
F.T. : Oui. C'est parfaitement réalisable et sur certains matches cela a été fait. C'est un objectif et ce sera le signe que la Ligue 1 garde son attractivité.
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