Royaume-Uni

18/11/2009 18:29

 

La reine Elisabeth II a présenté mercredi le programme législatif du gouvernement travailliste britannique, qui espère réduire de moitié le déficit budgétaire et limiter la rémunération des banquiers dans l'espoir de redorer son blason avant les élections de 2010.

L'opposition conservatrice semble en voie de remporter les législatives, qui auront lieu au plus tard en juin, et de mettre fin à l'emprise qu'exerce le Labour sur le pouvoir depuis 1997.

La persistance de la récession, les notes de frais abusives des milieux parlementaires et l'impact de plus en plus négatif de la guerre d'Afghanistan ont beaucoup entamé la popularité du gouvernement de Gordon Brown.

Pour tenter de se concilier les électeurs indécis, le Labour promet de traiter le problème des établissements scolaires défaillants, d'améliorer les soins dispensés aux personnes âgées ou malades et de renforcer la sécurité dans les rues.

"A mesure que s'installera la reprise économique, mon gouvernement réduira le déficit budgétaire et veillera à ce que la dette publique suive une trajectoire viable", a déclaré la reine dans le discours du trône, prononcé chaque année à la Chambre des Lords, selon une procédure très élaborée, pour l'ouverture de la session parlementaire.

Beaucoup de mesures formulées mercredi avaient déjà été esquissées, ce qui conduit à se demander si l'une d'entre elles peut encore affecter les sondages qui donnent aux conservateurs au moins dix points d'avance sur les travaillistes.

"Tout cela est un peu une vitrine, mais à vrai dire je ne crois pas qu'il y ait beaucoup d'acheteurs pour l'offre du Labour", commente Tom Bale, professeur de sciences politiques à l'université du Sussex.

RÉDUCTION DE 50% DU DÉFICIT SUR QUATRE ANS

Le gouvernement prendra des mesures législatives en vue de réduire le déficit de moitié en quatre ans, mais les détails du projet ne seront connus qu'à la présentation du rapport gouvernemental sur le projet de budget, le 9 décembre prochain.

On s'attend à ce que le déficit budgétaire dépasse 12% du produit intérieur brut cette année, ce qui jette une ombre sur la gestion future des finances publiques.

Le ciblage des hausses d'impôts et les coupes dans les dépenses censés permettre de réduire le déficit constitueront un thème central de la campagne électorale.

Gordon Brown fait valoir que les projets des conservateurs visant à réduire la dette plus rapidement compromettraient la reprise économique dans le pays, qui n'est pas encore sorti de la plus longue récession de son histoire.

Le gouvernement prévoit aussi de renforcer les pouvoirs de l'Autorité des services financiers (FSA) pour lui permettre d'annuler les contrats de travail des banquiers si leur rémunération est jugée excessive.

Les institutions financières devraient aussi être contraintes d'établir elles-mêmes leurs schémas de liquidation dans l'éventualité d'une faillite.

Les conservateurs prévoient de supprimer la FSA et de renforcer les pouvoirs de surveillance de la Banque d'Angleterre, en raison des vives critiques exprimées au sujet du traitement de la crise du crédit, qui a contraint le gouvernement à engager des dizaines de milliards de livres pour soutenir les banques en difficulté.

"Nous allons poursuivre nos réformes. Celles-ci ne resteront pas en vigueur très longtemps", a déclaré à Reuters un collaborateur de George Osborne, secrétaire au trésor du cabinet fantôme du Parti conservateur.

La récession, l'affaire des notes de frais et la question de l'Afghanistan rendent la défaite électorale des travaillistes presque inévitable l'an prochain aux yeux de beaucoup.

Selon un sondage ICM publié cette semaine par le Guardian, les opinions favorables au Labour ont augmenté de deux points pour atteindre 29%, mais les conservateurs le devancent encore de treize points environ.

Le dirigeant conservateur David Cameron a qualifié le programme gouvernemental d'"exercice politique" entièrement conçu pour tenter de glaner des voix : "Ils n'adoptent pas des lois pour le bien du pays, ils les adoptent pour tenter de sauver le Parti travailliste."

"Ce n'est pas encore la fin de ce gouvernement, mais on peut espérer que c'est le début de la fin", a ajouté Cameron.

Le ministre des Entreprises, Peter Mandelson, a reconnu que l'économie britannique avait reçu une "sacrée correction" cette année et que les travaillistes abordaient les élections sur la défensive.

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