Royaume-Uni
30/01/2010 18:14Tony Blair n'éprouve ni remord ni regret. Sept ans après l'invasion de l'Irak et les dizaines de milliers de morts que ce conflit a engendrés dans la région, l'ancien chef du gouvernement britannique (mai 1997 à juin 2007) n'a fait aucune révélation, mais s'est efforcé, durant six longues heures d'audition, de justifier sa décision. 'S'il fallait le refaire, je le referais', a-t-il lâché, vendredi 29 janvier, à Londres, devant le panel de la commission d'enquête gouvernementale nommée par son successeur, Gordon Brown, pour faire la lumière sur les conditions de l'intervention britannique en Irak en 2003. 'Avez-vous des regrets ?', lui demande par trois fois Sir John Chilcot, le président de la commission. 'J'ai une responsabilité mais aucun regret d'avoir renversé Saddam Hussein. C'était un monstre qui menaçait non seulement la région, mais le monde entier', répète M. Blair.
Aujourd'hui conférencier international 'à 2 000 euros la minute', selon la presse britannique, M. Blair, s'il était au pouvoir, serait aux côtés de ceux qui veulent attaquer l'Iran de manière préventive, avant que ce pays ne se dote d'armes nucléaires. 'Nous faisons face à la même situation qu'avec l'Irak de Saddam Hussein. En plus grave et en plus dangereux', a-t-il dit.
Interrogé sur le point de savoir si la menace irakienne s'était alourdie entre 1998, année des premiers bombardements anglo-américains ciblés sur les systèmes de défense et les industries militaires de Bagdad, et l'invasion de 2003, M. Blair a reconnu que non. 'Ce qui a changé, a-t-il dit, c'est notre perception du danger, notre évaluation du risque en cause.' Avec l'attaque du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, 'nous avons pris conscience que ces fanatiques auraient pu tuer 30 000 personnes s'ils avaient eu des armes de destruction massive (ADM) entre les mains'.
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