Syndrome du Titanic

10/10/2009 14:24

 

Pas de nature époustouflante, sauvage et préservée à la Ushuaïa. Pour montrer un monde à la dérive, Nicolas Hulot fait le choix exclusif de la noirceur. Les images sont oppressantes et spectaculaires : des échangeurs routiers géants qui croisent leurs tentacules d'acier, des foules africaines en transe à l'église, priant pour l'avènement du « business », des couchettes grillagées comme des clapiers pour ouvriers chinois épuisés, la file de clients endormis devant l'Apple Store en attendant la sortie de l'iPhone... Le film a le mérite d'évoquer une crise ­globale - humaine et sociale autant qu'environnementale -, et certaines séquences très fortes devraient déclencher une véritable prise de conscience. Mais le ton, à la fois intime Je ne suis pas né écologiste, je le suis devenu ») et pompeux (« On ne consomme plus, on consume »...), qu'adopte Hulot ne laisse place ni à la pédagogie, ni à des solutions concrètes. Pas même à un peu d'espoir.

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